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Alter Echos fait peau neuve.  Et pour vous faire découvrir sa nouvelle maquette, il vous offre deux numéros gratuits en PDF !

La nouvelle maquette est nettement plus sexy, plus dynamique que la précédente.  Mais le contenu ne perd pas en qualité pour autant.

Alter Echos reste le magazine d'information et de réflexion professionnelle indépendant sur les questions sociales que vous connaissez.

Mais, désormais, il privilégie encore davantage les enquêtes de terrain, les interviewes, le travail de fond.  Et s'il reste centré sur la Belgique francophone, il s'offre aussi le luxe d'un regard acéré sur les réalités sociales d'ailleurs.

Vous ne connaissez pas encore ?  Voici l'occasion de le découvrir pour une somme princière : 0 € !

Téléchargez gratuitement les deux derniers numéros !

 
 
Qui a-t-il de commun entre le conte des Trois Petits Cochons, le journal britannique The Guardian et l'open journalism ?

Réponse : la nouvelle campagne de pub du Guardian !

Horreur ! Le loup a été bouilli vivant et les trois petits cochons s'apprêtent à le manger ! 
Mais la police veille et une brigade antibanditisme les capture dans une scène digne de Léon, le film de Besson.

Le Guardian, le célèbre journal britannique de gauche a-t-il perdu la boule ?  Ses journalistes ont-ils récemment tâté de substances aussi hallucinogènes qu'illicites ?  

Non.  Il s'agit de la dernière campagne de pub du journal de référence.  Un journal qui a décidé de prendre le tournant du XXIe siècle et de se lancer massivement dans l'open journalism.

C'est-à-dire que - comme l'explique Becky Gardiner, responsable des commentaires sur le site du journal - le journalisme d'aujourd'hui ne peut plus se contenter de tout expliquer à ses lecteurs.  Le temps de l'éditorialiste-roi, dictant en une ce que le lecteur doit penser, est terminé.

Car le lecteur dispose aujourd'hui d'une foule de moyens de communication dont les inventeurs de la presse ne pouvaient même pas rêver !

Et il devient à présent, non pas un récepteur passif, mais une source d'information, de critiques et d'orientation du journal.  Le temps est loin maintenant où un journal pouvait se permettre de publier, avec une certaine condescendance, une lettre de lecteur de temps en temps.  De préférence, allant dans le sens du journaliste.  Pas de contradiction, svp !

Aujourd'hui, le Guardian voit son électorat augmenter, surtout sur son site Web.  Est-ce un hasard ?  Ou est-ce le premier résultat d'un changement de mentalité qui voit dans le lecteur un collaborateur à part entière ?  Qui le considère comme le co-auteur de l'information ?
Et les petits cochons dans tout ça ?

Le clip montre avec un rare talent comment un journal peut obtenir "the whole picture", l'image complète d'un événement : et aujourd'hui, cela ne peut se faire qu'en impliquant au maximum ses lecteurs à travers les commentaires, les blogs, les tweets, le emails et d'autres inventions qui nous attendent déjà dans les arrières-cuisines de Google et autres Facebook...

En parlant d'arrière-cuisine, celle des petits cochons n'est pas triste non plus : jetez un coup d'oeil ici !
 
 
Notre organisme est programmé pour vivre longtemps.  Mais, il faut l'y aider un peu.  En équilibrant son alimentation, en restant curieux, actif tout au long de la vie.

Vieillir, cela peut être positif : Joël de Rosnay veut surfer jusqu'à 90 ans, après quoi, il se "mettra au golf" !

L'optimisme comme source de longévité heureuse ?  Pourtant, Joël de Rosnay, un des scientifiques français majeurs se décrit comme un "opti-pessimiste", c'est-à-dire un "pessimiste heureux", mais un "optimiste inquiet".

Ecouter Joël de Rosnay, c'est déjà une cure de jouvance... 

2012 est l'Année européenne du vieilissement actif et de la solidarité intergénérationnelle.  Une bonne occasion de réfléchir sur l'intégration des ainés dans la vie sociale.
 
 
Le premier septembre, MyEurop.info publiait un de mes articles intitulé : Jeu télé : "et le gagnant est... expulsé !"

Il s'agit d'un article sur un jeu télé programmé par la chaîne VPRO, chaîne protestante connue pour des programmes de grande qualité - comme "Argos", un programme d'investigation journalistique diffusé sur Radio 1 - mais aussi volontiers provocateurs.

Le but de l'émission est, paraît-il, d'attirer l'attention sur le sort des demandeurs d'asile expulsés des Pays-Bas.  Les cinq candidats sont en effet des demandeurs d'asile expulsés.  Ils sont éduqués, résident aux Pays-Bas depuis au moins 9 ans et savent qu'ils doivent quitter le pays sous peu.  Ils sont Camerounais, Arménienne, Syrien, etc.

Et le vainqueur empochera 4.000 euros, mais une fois retourné dans son pays d'origine, car sinon, les autorités néerlandaises lui confisqueraient immédiatement.

Je vous laisse apprécier le contenu de cette émission qui divise déjà les Pays-Bas et attirent les commentaires les plus variés des médias internationaux...
 
 
La démocratie installée en Irak par les Etats-Unis est encore fragile, c'est le moins qu'on puisse dire.   Des femmes ont été molestées et sexuellement agressées pour avoir protesté place Tahrir à Bagdad.

Les hommes qui  les ont battues et ont tenté de déchirer leurs vêtements portaient des badges des forces de sécurité.

Le gouvernement a beau avoir présenté ses excuses, cela ne change rien à la gravité des faits.  Joe Stork, responsable de Human Right Watch, une ONG américaine active dans le domaine des droits de l'homme, réclame toute la lumière sur ces agressions et somme le gouvernement de trouver les coupables et de les sanctionner.

Les journalistes d'Al Jazeera English n'ont pu recevoir de précisions de la part des autorités.  Mais, apparemment, le phénomène s'étend et les femmes sont de plus en plus souvent la proie de violences pour avoir osé s'exprimer en public.  Une chose qu'elles ne connaissaient pas sous l'ancien régime.

Voilà qui pose de sérieuses questions, une fois de plus, sur cette "démocratisation à marche forcée".   Si la fleur se trouve au bout du fusil, la démocratie, elle, fleurit plus volontiers dans les écoles : dans les endroits où une authentique éducation à la paix et au respect des différences s'impose par une longue et tranquille fréquentation de la pensée...

 
 
Ca parait élémentaire.  Et pourtant, dans les médias, pour des questions de temps et de simplicité, c'est la pensée binaire qui domine.  Une pensée toute en noir et blanc.  Bons et méchants.  Politiciens et citoyens. Victimes et bourreaux. 

Primo Levi avait émis cette théorie de la Zone grise.  C'est le titre d'un chapitre de son ouvrage Les naufragés et les rescapés.  La Zone grise, c'est celle qui sépare - ou unit - la victime et le bourreau dans le camp de concentration.  C'est la zone difficile à limiter où les personnes interagissent de façon complexe, l'un et l'autre tirant un bénéfice de sa position.  Mais c'est aussi une métaphore de la façon dont fonctionnent nos sociétés, fortement hiérarchisées et inégalitaires malgré les apparences.

Et dans ces sociétés, rien n'est jamais tout blanc ou tout noir.  Nous vivons une période complexe.  Avec un monde qui change à une vitesse fulgurante.  Les superpuissances d'hier ne sont plus celles d'aujourd'hui ni celles de demain...

Le monde est multipolaire, les distances ont été raccourcies par les avions, puis abolies par Internet.  Le temps paradoxal des médias est l'immédiat.  Il faut courir vite, être avant les autres.  La valeur d'une information se divise à la vitesse de la lumière au fur et à mesure que le temps passe.  On veut l'info en temps réel.  Mais c'est le rythme du virtuel qui s'impose avec tous ses risques d'erreurs, d'approximations, de rumeurs non vérifiées parce que "pas le temps" !

Dans ce monde aux mutations rapides et multiples, nous avons donc plus que jamais besoin de penser les Zones grises.  Faisons-le ensemble, sur ce blog !